27/01/2017

Quand des députés s'en prennent aux droits syndicaux...

Le proceédé est connu: quand on est à court d'arguments, on s'en prend aux personnes et aux méthodes.

C'est manifestement ce qui arrive à quelques députés PDC qui, dans le cadre du débat sur la réforme de la fiscalité des entreprises, se sont émus du fait que les associations professionnelles distribuaient des tracts aux enseignants, dans leur casier.

On comprend bien que le contenu informatif de ces tracts n'ait pas l'heur de plaire à ceux qui, avec de plus en plus de peine, militent en faveur des honteuses niches fiscales octroyées par RIE3. Le débat aurait pu en rester là, opinion contre opinion. Ç'aurait été de bonne guerre.

Mais il a fallu qu'une députée - enseignante de son état - se plaigne publiquement du procédé. Mal lui en a pris. Car, en contestant aux syndicats le droit de diffuser leurs informations, c'est un des fondements du droit du travail qu'elle attaque.

Rappelons juste que la Constitution Genevoise - largement soutenue par le PDC en 2012, donne explicitement ce droit, conformément à la Convention internationale sur la liberté syndicale, de l'ONU.36 Cst.jpg

Est-ce par maladresse, est-ce par malveillance ? Il apparaît clairement que, là, ces députés (et plus encore ceux qui relaient dans le vide d'ahurissantes allégations de propagande politique faite aux élèves), ont clairement franchi les bornes de la décence et cherchent à transformer un débat politique un peu rude en guerre des tranchées sur des questions de principe.

Il serait bienvenu qu'à cette occasion le PDC rappelle son attachement à la liberté syndicale et remette dans le droit chemin ces esprits un peu échauffés par la perspective d'une défaite qu'ils croyaient impossible.

Et, en attendant, n'oublions pas de tous voter NON à RIE3 le 12 février !

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02/05/2016

Formation discontinue pour les profs du cycle...

La formation continue...

Sur le papier, on l'adule. Dans les discours, on affirme la soutenir. N'est-elle pas la clé du succès professionnel dans un monde en perpétuelle évolution ?

Mais dès lors qu'il faut rogner, c'est elle qui en pâtit.

A Genève, il existe même une loi sur la formation continue des adultes qui affirme,arton3695-943be.jpg force soutiens à l'appui, encourager la pratique de la formation continue, qu'il s'agisse de perfectionnement professionnel ou, plus largement, d'améliorer sa culture générale ou même son équilibre personnel.

Dans l'enseignement, la formation continue est indispensable. Elle maintient le lien avec les facultés universitaires, permet aux enseignants de mettre à jour leurs compétences informatiques et médiatiques et donne d'innombrables outils permettant d'améliorer la relation avec les élèves et leurs parents. Loin d'être un oreiller de paresse, les cours sont avant tout fréquentés par des collègues avides de savoir, prêts à partager leurs expériences et à s'enrichir mutuellement.

Le niveau de la formation continue au cycle d'orientation est excellent. En sciences humaines, par exemple, nous avons eu l'occasion de suivre des séminaires donnés par des sommités telles que Philippe Rekacewicz, Nicolas Offenstadt, Patrick Geary, ou Pierre-René Bauquis, en plus des universitaires genevois qui viennent fréquemment échanger avec les enseignants.

Le DIP vient d'annoncer aux enseignants que, désormais la formation continue sera agendée hors temps d'enseignement. En échange de cela, le département garantit l'application partielle d'un accord qu'il avait signé précédemment.

On peut évidemment se demander quelle est la fiabilité d'un partenaire qui propose comme enjeu de négociation l'application d'un accord déjà accepté... Faut-il s'attendre demain qu'il soit remis sur la table en échange d'une autre concession, et ceci jusqu'à la fin des temps, sans qu'il ne soit jamais appliqué ?

On doit surtout se désoler de la fin programmée de la formation continue. Ce n'est pas que les enseignants refusent le principe de se former hors des cases horaires dévolues à leur enseignement. La plupart le font régulièrement lorsqu'ils participent à cours sur une demi-journée sans enseignement à leur horaire.

C'est simplement que, si l'on contraint les organisateurs et les formateurs à placer les séminaires quand aucun enseignement n'a lieu, le week-end et le soir, le catalogue s'en trouvera singulièrement appauvri.

Sans compter que, comme chacun de nous, les enseignants ont un horaire hebdomadaire qui bloque certains soirs ou certains week-ends pour des activités familiales ou récréatives. Une part importante d'entre eux travaille à temps partiel précisément pour pouvoir conjuguer le plaisir de l'enseignement à des activités bénévoles. Et ceux-là cesseront simplement de s'inscrire aux séminaires qui empiètent sur leurs autres activités...

Ce n'est pas une exigence incongrue que de demander que sa formation continue se déroule dans la journée, du lundi au vendredi. Pour preuve, celles proposées aux cadres de l'État par l'Office du Personnel se déroulent TOUTES pendant le temps de travail.

Cette décision est grave. Désastreuse sans doute... Si elle est confirmée, le niveau des séminaires baissera, la fréquentation chutera et, d'ici quelques semestres, il en sera fini de la formation continue des enseignants...

Julien Nicolet

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08/12/2015

On est là !

Durant ces 6 jours de grève de novembre et décembre, où nous ont menés nos pas ?

 

  • À la place de Neuve, noire de monde le mardi 10 novembre, le mercredi 11 novembre, le jeudi 12 novembre, le mardi 1er décembre (11'000, puis 7'000, puis 8'000, puis encore 9'000 manifestants) ;
  • Devant la cathédrale Saint-Pierre le 10 novembre, aux sons d'une samba endiablée ;
  • Sur le pont du Mont-Blanc, coupé pendant deux heures le mercredi 11 novembre, et à nouveau envahi le jeudi 3 décembre ;
  • Sur la Plaine de Plainpalais, sous une tente gigantesque le 12 novembre ;
  • Sous les fenêtres de Clair Bois – Minoteries puis devant l'hôpital le mercredi 2 décembre ;
  • Au Palladium plein, et parfois débordant, les 3, 10, 11, 25 novembre, 1er et 2 décembre ;
  • À la salle des Asters, remplie à craquer le 3 décembre ;
  • En descendant la rue de la Servette, submergée le 3 décembre ;
  • Sur la Treille et à la rue de l'Hôtel-de-Ville prises d'assaut tous ces jours-là, et aussi le vendredi 13 décembre pour dire non au personal stop ;
  • Et vers ces 30 secondes, à couper le souffle, où les 4000 manifestants de la Treille se sont tus complètement, absolument, ce 3 décembre. Tous ensemble. Avant que ne déferlent huées, sifflets, bruits de casserole, maracas, tambourins, percussions, cris, chants, slogans entonnés pour que les députés du Grand Conseil et les Conseillers d'Etat entendent que : « On est là ! »

 

M. Longchamp a laissé entendre que 23 employés de la fonction publique sur 24 étaient au travail pendant la grève.

Les députés du Grand Conseil, eux, ont fait fermer les stores du parlement.


Ils ne veulent pas voir. Mais il faudra bien qu'ils finissent par entendre.

On est là !

Valérie Piguet

 

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29/11/2015

A propos d'un éditorial du Temps

L'éditorial du Temps du 11 novembre dernier était un véritable brûlot anti-fonction publique. Nous vous proposons ici la réponse envoyée par notre collègue Danièle Bader Lagomarsino, enseignante au CO Drize. A notre connaissance, le journal n'a pas jugé bon de la publier.

 

On le sait, la presse écrite n'a plus la cote. Or, les journalistes, pourtant directement concernés par ce désintérêt croissant, ne cherchent pas à corriger ce déficit en proposant des articles mieux documentés qui soutiennent le lecteur profane dans son besoin de comprendre les événements. Au contraire, ils inondent le lecteur de leurs propres émotions, de leurs propres impressions, voire de leurs propres convictions, fondées ou non, qu'importe, le but n'étant pas d'informer, mais de convaincre le lecteur de la justesse de leur point de vue.

Grève, Genève, fonctionnaire, DIP, profsAu sujet des débrayages des 10, 11 et 12 novembre 2015 de la fonction publique, l'éditorial du journal le Temps, écrit par Laure Lugon Zugravu, illustre parfaitement cette tendance. A travers son article, Madame Lugon Zugravu conforte ses lecteurs dans leur opinion en dressant le portrait caricatural attendu des fonctionnaires dont, selon elle, l'inconscience et l'inadaptation chronique méritent d'être dénoncées publiquement.

Mais comment une journaliste peut-elle honnêtement penser qu'une manifestation qui rassemble près de 11'000 fonctionnaires d'horizons et de professions différents est l'expression pure et simple de gens qui s'agrippent désespérément à leurs privilèges ?

A-t-elle vu défiler les grévistes qui étaient déterminés, mais pas franchement « enthousiastes, frondeurs et primesautiers » comme elle le prétend ?

Sait-elle que les grévistes sont d'accord avec l'idée de perdre de l'argent non seulement pour défendre leurs conditions de travail, mais aussi pour mettre en garde la population de la dégradation inévitable des services publics et pour tenter d'infléchir des mesures politiques jugées pernicieuses ?

Connaît-elle la liste déjà longue des efforts consentis par les fonctionnaires ?

S'est-elle intéressée aux graves conséquences de ces coupes budgétaires répétées à l'encontre de la fonction publique et, partant, de la population ?

Se souvient-elle, par ailleurs, qu'en 2013 les députés du Grand Conseil genevois, au nombre de 100, ont obtenu une augmentation de leur indemnité à hauteur de 25 % ?

Sait-elle aussi qu'il est prévu d'augmenter les salaires des hauts cadres de l’État ?

Sait-elle que les conseillers d’État, après avoir quitté leur fonction, ont droit à une rente à vie qui peut s'élever jusqu'à 164 000 francs par an ?

Connaît-elle les raisons pour lesquelles les caisses de l’État sont vides ?

De toute évidence, l'auteure de ces lignes ne fréquente pas les serviteurs de l’État. Elle ne les connaît pas. Elle ne connaît pas non plus leur travail et les véritables raisons de leur colère. Elle ne souhaite d'ailleurs pas les connaître et encore moins les faire connaître à ses lecteurs, puisque, contrairement à l'éthique dont elle devrait faire preuve, elle ne renseigne pas ses lecteurs sur ces sujets-là.

Si l'on en croit l'adage selon lequel « faire et défaire, c'est aussi travailler », alors il faut malheureusement admettre l'idée qu' informer et désinformer, c'est aussi faire du journalisme.

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27/11/2015

Du côté du DIP, beaucoup d'émoi et peu de soutien...

Madame la Conseillère d'Etat,
Chère ex-collègue,

C'est avec étonnement que nous constatons le désarroi, le sentiment de panique même, qui règne dans votre département au moment où les enseignants et le personnel psycho-social, administratif et technique se mobilisent massivement pour essayer d'obtenir les montants nécessaires au fonctionnement de notre école, montants que nous n'avez pas réussi à obtenir du fait de votre situation très minoritaire dans un gouvernement agressivement libéral.

Depuis quelques semaines, nous nous décarcassons pour trouver des solutions de mobilisation susceptibles de montrer l'étendue de notre préoccupation tout en minimisant les nuisances pour ceux qui sont au cœur de nos soucis: nos élèves. C'est pour cela qu'une des mesures de lutte les plus suivies est sans conteste la rétention administrative des moyennes.

Au lendemain d'une assemblée dont une des résolutions a été de vous demander de vous désolidariser clairement d'une majorité à laquelle nous savons (du moins nous espérons) que vous n'appartenez pas, vous nous envoyez un courrier lourd de menaces, qui anticipe un mouvement long et ses conséquences apparemment cataclysmiques, plutôt que d'imaginer des pistes de solutions en vue de la résolution du conflit dans un délai raisonnable, ce qui est évidemment notre but.

Soyez assurée que nous sommes terriblement fiers de constater à quel point nos collègues maîtres de classes se sont investis, bien plus que nous l'anticipions, dans leur volonté de transmettre aux élèves et à leur famille une information fiable sur leur situation scolaire.

Ce sont des milliers d'heures cumulées à compiler des moyennes, remplir des tableurs « Excel », vérifier les conditions de promotion (particulièrement ardues à cerner pour certains élèves et leurs parents...), contacter les familles d'élèves en difficulté et répondre aux appels de parents inquiets.

Ce travail est admirable et mérite d'être salué. Il témoigne non seulement de la détermination des enseignants du CO dans leur lutte pour obtenir les moyens permettant de réaliser les objectifs légaux de notre école, mais surtout de leur investissement dans leur travail et le profond respect qu'ils ont pour leurs élèves et leur famille.

Nous aurions aimé lire cela dans votre courrier, nous ne l'avons pas trouvé.

La FAMCO se permet donc de féliciter tous les collègues et se réjouit de les retrouver nombreux, sur les piquets de grève et dans la rue, dès le 1er décembre.

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