27/11/2015

Du côté du DIP, beaucoup d'émoi et peu de soutien...

Madame la Conseillère d'Etat,
Chère ex-collègue,

C'est avec étonnement que nous constatons le désarroi, le sentiment de panique même, qui règne dans votre département au moment où les enseignants et le personnel psycho-social, administratif et technique se mobilisent massivement pour essayer d'obtenir les montants nécessaires au fonctionnement de notre école, montants que nous n'avez pas réussi à obtenir du fait de votre situation très minoritaire dans un gouvernement agressivement libéral.

Depuis quelques semaines, nous nous décarcassons pour trouver des solutions de mobilisation susceptibles de montrer l'étendue de notre préoccupation tout en minimisant les nuisances pour ceux qui sont au cœur de nos soucis: nos élèves. C'est pour cela qu'une des mesures de lutte les plus suivies est sans conteste la rétention administrative des moyennes.

Au lendemain d'une assemblée dont une des résolutions a été de vous demander de vous désolidariser clairement d'une majorité à laquelle nous savons (du moins nous espérons) que vous n'appartenez pas, vous nous envoyez un courrier lourd de menaces, qui anticipe un mouvement long et ses conséquences apparemment cataclysmiques, plutôt que d'imaginer des pistes de solutions en vue de la résolution du conflit dans un délai raisonnable, ce qui est évidemment notre but.

Soyez assurée que nous sommes terriblement fiers de constater à quel point nos collègues maîtres de classes se sont investis, bien plus que nous l'anticipions, dans leur volonté de transmettre aux élèves et à leur famille une information fiable sur leur situation scolaire.

Ce sont des milliers d'heures cumulées à compiler des moyennes, remplir des tableurs « Excel », vérifier les conditions de promotion (particulièrement ardues à cerner pour certains élèves et leurs parents...), contacter les familles d'élèves en difficulté et répondre aux appels de parents inquiets.

Ce travail est admirable et mérite d'être salué. Il témoigne non seulement de la détermination des enseignants du CO dans leur lutte pour obtenir les moyens permettant de réaliser les objectifs légaux de notre école, mais surtout de leur investissement dans leur travail et le profond respect qu'ils ont pour leurs élèves et leur famille.

Nous aurions aimé lire cela dans votre courrier, nous ne l'avons pas trouvé.

La FAMCO se permet donc de féliciter tous les collègues et se réjouit de les retrouver nombreux, sur les piquets de grève et dans la rue, dès le 1er décembre.

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Commentaires

Soutien total au mouvement et aussi à la lettre à la Présidente du DIP. Voir détruire l'œuvre pour laquelle je me suis engagé corps et âme durant 42 ans fait mal. Je me sentais impuissant face à la marée montante néolibérale, aux discours mercantiles des promoteurs du désastre de l'économie dérégulée et de l'obscurantisme, à la perte du sens de l'instrument essentiel à la démocratie. Ce sursaut me rassure. Tenez bon collègues!

Écrit par : Marco Polli | 27/11/2015

Mes élèves (Ecole primaire) sont accueillis tous les jours avec qualité.
Dans l'école nous essayons au quotidien de mutualiser nos heures pour aider nos élèves en facilité, nos élèves moyens, nos élèves en difficultés ainsi que d'épauler les familles en grandes difficultés sociales et économiques.
Nous cherchons des solutions au quotidien depuis des années pour que les coupes au DIP ne soient pas ressenties par les enfants.
Là nous sommes arrivés au bout de ce que nous pouvons faire dans un bricolage gigantesque.

En ce qui concerne mes deux filles elles ont été dans des classes de 8P à 27 élèves pour la grande et à 26 élèves cette année pour la petite.
La grande à dû refaire sa première année au CO du fait des manques qu'elle a accumulé lors de sa 8P à 27! Ce n'est juste pas normal... Depuis elle cartonne!

Oui nous sommes inquiets et nous n'avons que peu de reconnaissance de notre hiérarchie lointaine (hauts cadres, DGEO et CE). C'est frustrant et démobilisateur.

J'en appelle aux dirigeants qui doivent trouver de nouvelles ressources, fiscales forcément!
La Suisse est merveilleuse. Ceux qui s'y installent ne le font pas que pour des questions d'argent! Le penser montre que nos dirigeants ne croient pas en notre pays, ne savent pas le vendre! Ils ne le vendent qu'au grand libéralisme et le détruisent!

Merci à tous ceux qui font fonctionner les services et qui se donnent au quotidien pour que la qualité soit sauvée... Mais on arrive au bout...

Écrit par : Valerie | 27/11/2015

Triste de constater les politiques et la hiérarchie laissent tomber l'école publique. Elle est pourtant de GRANDE QUALITÉ, et cela, grâce à ses enseignants ! Ne faites pas les mêmes erreurs qui se font à l'étranger. Des classes à 26-30, ce n'est pas viable ! Et à voir le résultat sur plusieurs générations ici, au Québec, c'est vraiment grave ! Enseignants, continuez à vous battre pour vos élèves ! BRAVO !

Écrit par : Séverine | 27/11/2015

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