29/11/2015

A propos d'un éditorial du Temps

L'éditorial du Temps du 11 novembre dernier était un véritable brûlot anti-fonction publique. Nous vous proposons ici la réponse envoyée par notre collègue Danièle Bader Lagomarsino, enseignante au CO Drize. A notre connaissance, le journal n'a pas jugé bon de la publier.

 

On le sait, la presse écrite n'a plus la cote. Or, les journalistes, pourtant directement concernés par ce désintérêt croissant, ne cherchent pas à corriger ce déficit en proposant des articles mieux documentés qui soutiennent le lecteur profane dans son besoin de comprendre les événements. Au contraire, ils inondent le lecteur de leurs propres émotions, de leurs propres impressions, voire de leurs propres convictions, fondées ou non, qu'importe, le but n'étant pas d'informer, mais de convaincre le lecteur de la justesse de leur point de vue.

Grève, Genève, fonctionnaire, DIP, profsAu sujet des débrayages des 10, 11 et 12 novembre 2015 de la fonction publique, l'éditorial du journal le Temps, écrit par Laure Lugon Zugravu, illustre parfaitement cette tendance. A travers son article, Madame Lugon Zugravu conforte ses lecteurs dans leur opinion en dressant le portrait caricatural attendu des fonctionnaires dont, selon elle, l'inconscience et l'inadaptation chronique méritent d'être dénoncées publiquement.

Mais comment une journaliste peut-elle honnêtement penser qu'une manifestation qui rassemble près de 11'000 fonctionnaires d'horizons et de professions différents est l'expression pure et simple de gens qui s'agrippent désespérément à leurs privilèges ?

A-t-elle vu défiler les grévistes qui étaient déterminés, mais pas franchement « enthousiastes, frondeurs et primesautiers » comme elle le prétend ?

Sait-elle que les grévistes sont d'accord avec l'idée de perdre de l'argent non seulement pour défendre leurs conditions de travail, mais aussi pour mettre en garde la population de la dégradation inévitable des services publics et pour tenter d'infléchir des mesures politiques jugées pernicieuses ?

Connaît-elle la liste déjà longue des efforts consentis par les fonctionnaires ?

S'est-elle intéressée aux graves conséquences de ces coupes budgétaires répétées à l'encontre de la fonction publique et, partant, de la population ?

Se souvient-elle, par ailleurs, qu'en 2013 les députés du Grand Conseil genevois, au nombre de 100, ont obtenu une augmentation de leur indemnité à hauteur de 25 % ?

Sait-elle aussi qu'il est prévu d'augmenter les salaires des hauts cadres de l’État ?

Sait-elle que les conseillers d’État, après avoir quitté leur fonction, ont droit à une rente à vie qui peut s'élever jusqu'à 164 000 francs par an ?

Connaît-elle les raisons pour lesquelles les caisses de l’État sont vides ?

De toute évidence, l'auteure de ces lignes ne fréquente pas les serviteurs de l’État. Elle ne les connaît pas. Elle ne connaît pas non plus leur travail et les véritables raisons de leur colère. Elle ne souhaite d'ailleurs pas les connaître et encore moins les faire connaître à ses lecteurs, puisque, contrairement à l'éthique dont elle devrait faire preuve, elle ne renseigne pas ses lecteurs sur ces sujets-là.

Si l'on en croit l'adage selon lequel « faire et défaire, c'est aussi travailler », alors il faut malheureusement admettre l'idée qu' informer et désinformer, c'est aussi faire du journalisme.

16:11 Publié dans Grève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

27/11/2015

Du côté du DIP, beaucoup d'émoi et peu de soutien...

Madame la Conseillère d'Etat,
Chère ex-collègue,

C'est avec étonnement que nous constatons le désarroi, le sentiment de panique même, qui règne dans votre département au moment où les enseignants et le personnel psycho-social, administratif et technique se mobilisent massivement pour essayer d'obtenir les montants nécessaires au fonctionnement de notre école, montants que nous n'avez pas réussi à obtenir du fait de votre situation très minoritaire dans un gouvernement agressivement libéral.

Depuis quelques semaines, nous nous décarcassons pour trouver des solutions de mobilisation susceptibles de montrer l'étendue de notre préoccupation tout en minimisant les nuisances pour ceux qui sont au cœur de nos soucis: nos élèves. C'est pour cela qu'une des mesures de lutte les plus suivies est sans conteste la rétention administrative des moyennes.

Au lendemain d'une assemblée dont une des résolutions a été de vous demander de vous désolidariser clairement d'une majorité à laquelle nous savons (du moins nous espérons) que vous n'appartenez pas, vous nous envoyez un courrier lourd de menaces, qui anticipe un mouvement long et ses conséquences apparemment cataclysmiques, plutôt que d'imaginer des pistes de solutions en vue de la résolution du conflit dans un délai raisonnable, ce qui est évidemment notre but.

Soyez assurée que nous sommes terriblement fiers de constater à quel point nos collègues maîtres de classes se sont investis, bien plus que nous l'anticipions, dans leur volonté de transmettre aux élèves et à leur famille une information fiable sur leur situation scolaire.

Ce sont des milliers d'heures cumulées à compiler des moyennes, remplir des tableurs « Excel », vérifier les conditions de promotion (particulièrement ardues à cerner pour certains élèves et leurs parents...), contacter les familles d'élèves en difficulté et répondre aux appels de parents inquiets.

Ce travail est admirable et mérite d'être salué. Il témoigne non seulement de la détermination des enseignants du CO dans leur lutte pour obtenir les moyens permettant de réaliser les objectifs légaux de notre école, mais surtout de leur investissement dans leur travail et le profond respect qu'ils ont pour leurs élèves et leur famille.

Nous aurions aimé lire cela dans votre courrier, nous ne l'avons pas trouvé.

La FAMCO se permet donc de féliciter tous les collègues et se réjouit de les retrouver nombreux, sur les piquets de grève et dans la rue, dès le 1er décembre.

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24/11/2015

Et qu'ainsi blêmissent les ennemis des services publics !

Chers parents, chers lecteurs,

La FAMCO a pour but de défendre, pour vos enfants et leurs enseignants, des conditions de travail dignes.

Il se trouve que le projet de budget 2016 contraindrait notre école à s'éloigner encore plus de l'esprit du texte largement accepté en 2009, qui proposait un cycle qui permette, entre autres, un véritable soutien aux élèves susceptibles de réussir dans une filière ambitieuse.

Les montants nécessaires (et promis dans la brochure électorale d'dessin grève.jpgalors) n'ont jamais été votés et, année après année, les coupes successives dénaturent à notre grand dam l'école en laquelle nous croyons. Le parlement, pourtant composé majoritairement de partis ayant soutenu cette réforme, revient donc, à chaque exercice budgétaire, sur ses engagements...

Cette année, l'attaque est massive, plus encore qu'avant... et la FAMCO se voit contrainte, pour faire entendre la voix des enseignants inquiets, de se mobiliser. Elle a largement voté deux mesures qui sèmeront sans doute un peu d'émoi (c'est leur but...) et ébranleront suffisamment nos autorités (nous l'espérons) pour qu'elles reviennent sur le démantèlement budgétaire de votre école.

Pour l'instant, il s'agit de:

- ne pas transmettre les moyennes du premier trimestre à l'administration;

- renoncer à participer aux activités de l'Escalade.

Ces deux mesures ne nous réjouissent guère, mais semblent à même de nous permettre de nous faire entendre, sans nuire aucunement à l'essentiel de notre tâche: l'enseignement et l'évaluation.

La FAMCO a produit un courrier aux parents expliquant en détails la pertinence de ces mesures. Vous pouvez le télécharger ici.

dessin: Amaëlle Mischler

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